Premières Nations. Arts et cultures du Nord-Ouest de l’Amérique
Musée du quai Branly - Jacques Chirac, 37, quai Jacques Chirac, 75007 Paris
Du 26 sept. 2026 au 17 janv. 2027
11.00 €
Informations pratiques
- Horaires
- Du samedi 26 septembre 2026 au dimanche 17 janvier 2027 : jeudi de 10h30 à 22h00 mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche de 10h30 à 19h00
- Tarifs
- De 11 à 14 euros.
- Public
- Tout public.
En présentant leur remarquable patrimoine matériel et immatériel, l’exposition invite à découvrir l’histoire et les traditions de ces sociétés, notamment le potlatch, système d’échanges et d’alliances structurant les relations entre nations, clans et villages. Profondément bouleversées à partir du 18e siècle par l’expansion coloniale et la mondialisation, ces cultures n’en demeurent pas moins porteuses d’une vitalité et d’une créativité toujours vivantes.
La voix des masques
L’exposition s’ouvre sur l’univers des masques, dont les voix portent les récits, les croyances et les identités des peuples de la côte nord-ouest du continent américain et d’ailleurs. Dans de nombreuses cultures, les masques permettent d’exprimer la conscience humaine. Ils véhiculent, par l’intermédiaire de leur voix, des valeurs ancestrales, des convictions spirituelles et des aspects de leur identité. Derrière ce second visage posé sur le premier, les humains s’effacent afin de laisser place aux émotions, au sacré et aux considérations politiques et sociales.
Les premiers humains
Le contexte écologique de la côte nord-ouest de l’Amérique se caractérise par une richesse exceptionnelle de milieux naturels, qu’ils soient marins, fluviaux ou terrestres. Cette région se distingue notamment par ses vastes forêts de cèdres géants, ses ressources issues des littoraux, ainsi que par une mer particulièrement riche, habitée par une grande diversité de mammifères marins.
C’est dans ce décor naturel grandiose que s’installent les ancêtres des Premières Nations actuelles, s’adaptant à ce milieu naturel riche, et favorisant l’émergence, il y a plus de mille ans, du schéma culturel qui les distingue. Ce contexte participe au développement d’un art peuplé d’êtres prodigieux qui expliquent l’origine du monde et donnent un sens à la vie, à la mort et aux forces qui régissent l’univers. Souvent représentés sous la forme d’êtres-esprits, ces sujets sont les ancêtres reconnus des lignages les plus prestigieux et les premiers pourvoyeurs de privilèges et de droits ancestraux.
Les animaux, les motifs et les signes qui représentent ces êtres obéissent à des règles stylistiques précises, partagées par de nombreux groupes. Cette iconographie couvre presque toutes les surfaces et se retrouve inscrite aussi bien sur la peau que sur les vêtements et les coiffes, sur les murs des maisons, sur les mâts héraldiques, sur les flancs des canots et sur nombre d’objets, aussi bien rituels qu’utilitaires.
Rencontres et bouleversements
Hormis quelques jonques japonaises échouées, qui expliquent la présence de fer chez certains groupes, l’arrivée documentée des premiers individus étrangers dans la région débute hypothétiquement avec l’incursion du corsaire et explorateur britannique Francis Drake (1579). Elle se poursuit avec la venue des Russes (Vitus Bering, 1741), des Espagnols (Juan Pérez, 1774), des Anglais lors du troisième et funeste voyage du capitaine James Cook (1778), et des Français avec Jean-François de La Pérouse à bord de La Boussole et de L’Astrolabe (1786).
Les premières présences européennes dans la région ne sont pas à interpréter comme des entreprises d’exploration. Ces dernières, qui visaient à « découvrir le monde », étaient largement achevées au cours du siècle précédent. Dans la région, les Russes, les Espagnols et les Anglais participent par la traite des fourrures, au premier grand processus de mondialisation entre l’Europe, l’Amérique et la Chine.
Le parcours de l’exposition revient sur ces premières entreprises de colonisation et sur l’introduction de l’économie de marché. L’inévitable choc des cultures qui en découle est évoqué, ainsi que les affrontements, l’arrivée des maladies de l’Ancien Monde qui fauchèrent les populations autochtones, et les interdits coloniaux allant jusqu’à l’interdiction du potlatch (1884-1951) et la saisie de biens et autres objets de pouvoir.
Société et pouvoir
L’exposition met en lumière les différentes formes d’organisation sociale des Premières Nations, leurs systèmes de chefferie, ainsi que leurs pratiques politiques et rituelles.
Les groupes villageois partagent savoirs et croyances et présentent des structures sociales élaborées organisées en clans exogames, souvent matrilinéaires À l’époque des premiers contacts avec les Européens, au 18e siècle, ce mode de vie est partagé par plus d’une vingtaine de Nations parlant des langues différentes, distribuées sur environ 1.800 kilomètres de littoral côtier.
À partir du 19e siècle, la présence européenne déstabilise le complexe équilibre de ces structures sociales : la colonisation britannique de la région et la création du Canada (1867) engendrent de nombreux bouleversements sociaux et économiques qui ébranlent les Premières Nations, touchées les maladies infectieuses et l’impact des politiques nationales d’intégration.
Cette section montre également les efforts concertés des Premières Nations pour maintenir une identité culturelle en dépit
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